Trois boîtes en service, trois métiers. Ce qu'elles font chaque jour, ce qu'elles ont trouvé en arrivant, et ce qu'elles ont proposé d'elles-mêmes.
Trois boîtes tournent aujourd'hui chez trois clients qui n'ont rien en commun : un camping, un hôtel-restaurant, un entrepreneur seul. Aucun n'a d'informaticien. Toutes les trois ont trouvé, dès leurs premiers jours, quelque chose que personne n'avait vu. Je leur ai demandé un rapport sur leur propre travail. Ce qui suit en est tiré, sans aucun nom.

Un camping familial. Un logiciel de caisse sur un poste de réception sous Windows, pas de service informatique, des gérants dont le métier est l’accueil et le terrain. La douleur d’entrée tient en une phrase : « si je perds ma caisse, je perds tout ». Et juste derrière : « personne ne se souvient de ce qu’on s’est dit l’an dernier ».
Ce que la boîte gère au quotidien
Ce qu’elle a trouvé en arrivant. Des disques vieillissants, pas d’onduleur, une pile de carte mère morte : trois pannes annoncées, signalées avant qu’elles arrivent. Et une dépendance mal connue aux prestataires : un nom de domaine dont la propriété n’était pas claire, un outil de discussion pour le site payé environ 1 500 € par an et presque jamais utilisé.
Ce qu’elle a proposé d’elle-même. Restaurer chaque mois le poste de réception dans un bac à sable et remettre un certificat de restauration. Tenir l’échéancier des contrats et des abonnements, avec les dates de préavis. Préparer chaque mois le dossier du comptable avec la liste des pièces manquantes.

Un établissement qui tourne beaucoup, une direction absorbée par l’opérationnel, et l’administratif qui mange les soirées. Pas d’informaticien. La douleur d’entrée : « pour connaître un chiffre, il faut être au bureau ».
Ce que la boîte gère au quotidien
Ce qu’elle a trouvé en arrivant. L’outil de sauvegarde professionnel de l’hôtel était en panne depuis près de deux ans. Personne ne le savait. Aucune alerte. C’est la douleur la plus répandue et la plus silencieuse que je connaisse.
Ce qu’elle a proposé d’elle-même. Guetter le courrier en temps réel, pour qu’une demande arrivée le dimanche ne dorme pas jusqu’au lundi. Tenir une main courante de maintenance dictée à la voix : « fuite chambre 12 ». Comparer les factures récurrentes d’un mois sur l’autre, énergie et téléphone, et lever la main sur un écart.

Un dirigeant qui porte tout : le commercial, l’administratif, la production, l’informatique. Pas d’équipe, pas d’informaticien. Il ne veut pas apprendre un nouvel outil : il dicte ses messages sur son téléphone. Sa douleur d’entrée : « je n’ai pas le temps, et tout est dans ma tête ».
Ce que la boîte gère au quotidien
Ce qu’elle a trouvé en arrivant. Un logiciel indésirable installé sur son PC à son insu, avec un faux désinstalleur pour faire bonne figure. Elle l’a retiré, sur son mandat. Puis elle lui a installé une dictée qui fonctionne sur son ordinateur, sans passer par internet.
Ce qu’elle a proposé d’elle-même. Lui sortir chaque semaine la liste des prospects restés sans réponse, avec une relance prête à valider. Lui envoyer un brief la veille de chaque événement : lieu, horaire, contact, trajet. Et surveiller pour lui les appels d’offres publics d’animation, livrés en trois lignes.
Avant de poser une boîte chez un client, j’en fais tourner une chez moi. ALPAI est une entreprise d’une personne : mes sites, mes sauvegardes et ma supervision sont tenus par des agents, sous les mêmes règles que les boîtes. C’est mon premier terrain d’essai, et c’est là que chaque règle naît, souvent après un incident. Voici ce que ma propre machine a déjà mesuré.
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